Désireux de respecter mon engagement à écrire sur le thème de la jeunesse et l'emploi, je proposerai, à travers cet article, une ébauche de réflexion pour nourrir le débat stérile et polémique
sur le blog des jeunes UMP.
Conscient que la solution miracle ne sortira pas de la cuisse de Jupiter, je me contenterai de faire un inventaire à la Prévert :
Réponse 1 :
Travailler à réduire les inégalités sociales et culturelles car les jeunes concernés sont souvent des personnes dont l'école de la république n'a pas pu, faute de moyens, combler des
lacunes handicapantes pour faire un parcours scolaire long. Il s'agit donc de veiller à ce que chaque enfant qui entre à l'école dès 3 ans soit en mesure pendant les 3 années de maternelle, de
bénéficier d'une aide spécifique pour acquérir les bases afin de faire une bonne primaire : langage, familiarisation au monde de l'écrit logique, motricité fine, éveil, sport. En d'autres
termes, l'idée serait d'apporter à chacun d'entre eux ce que les familles sont censées faire. Cela peut passer par la mise en place de jardins d'enfants avant dès deux ans (l'école avant
l'école).
Réponse 2 :
Revoir le projet ZEP. Les enfants fréquentant ces écoles souffrent d'une double peine, ils ont des enseignants peu expérimentés et des problèmes scolaires graves. Il faudrait obliger les
enseignants qui ont de la bouteille à donner 5 ans minimums pour aider les jeunes à mieux appréhender certaines problématiques.
Réponse 3 :
S'agissant des enfants issus d'une double culture, il est impératif d'aider à une meilleure connaissance de la culture du pays d'accueil, en l'occurrence de la culture française. Il ne suffit pas
d'être intelligent, il faut, pour s'intégrer dans la société française, avoir reçu les clefs des codes sociaux.
Pour cela, une refonte des objectifs des intervenants périscolaires est à mettre en place de sorte que les activités destinées aux enfants soient orientées vers une ouverture sur la culture du
pays d'accueil. Par exemple, dans le cadre des centres de loisirs, on poussera vers une multiplication des échanges entre les centres relevant des quartiers difficiles et ceux des quartiers dit
« plus favorisés » afin de créer des passerelles et des liens.
Réponse 3 :
L'adolescence est un âge à haut risque, il faut donc prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les jeunes face à la tentation de l'argent facile. Pour cela, le premier pas dans
la délinquance doit être le départ d'un processus visant à écarter le jeune de son milieu d'origine. Parallèlement, il est primordial de faire en sorte que l'économie souterraine soit
plus sévèrement réprimée afin de réduire au maximum les perspectives de gain, faire en sorte que le crime ne paie pas ou mal.
Réponse 4 :
S'attaquer aux ravages du monde multimédia et virtuel. Les jeux vidéo, Internet et la télévision ont fait plus de ravage dans le cerveaux de nos enfants que la tuberculose. Les jeunes ont
un rapport à la réalité tronqué par les images d'un monde de la vraisemblance.
Les médias ne peuvent plus s'en remettre à la liberté de la presse pour se défendre des conséquences des images qui circulent sans contrôlent. Ils doivent, tout en conservant cette liberté,
nourrir une réflexion en interne sur les conséquences sur la société. La liberté des uns s'arrête là où commence celle de nos enfants.
Réponse 5 :
Accepter que la réussite ne passe pas par une catégorie d'emplois. Il n'y a pas de sous métiers. A chacun son mérite, à chacun sa place, on peut être un heureux boulanger et un triste chirurgien.
L'ascension sociale est parfois l'affaire de plusieurs générations sans qu'il s'agisse d'injustice sociale. Mon grand père était paysan, mon père éboueur, je suis instituteur. A travers cet
exemple, je défends l'idée d'une ascension sociale mesurée et réaliste. Que chaque jeune mesure la pierre qu'il doit porter pour poursuivre le mouvement, ce poids ne doit pas être trop
lourd : « tu seras docteur mon fils... »
Il y aurait tant à dire mais j'ai souhaité me concentrer sur les questions de pré requis à la réussite, fondements sans lesquels on ne bâtit rien de solide.
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